mercredi 27 mai 2009

L'envie


Guy Carbonneau est un personnage relativement connu au Québec. Il s’agit d’un joueur de hockey sur glace professionnel ayant œuvré la majeure partie de sa carrière pour l’équipe les Canadiens de Montréal de la Ligue nationale de Hockey (LNH). Il a pris sa retraite comme joueur en 2000. Carbonneau, athlète accompli, a aussi une passion parallèle au hockey : la musique. On le voyait, à l’occasion, jouer de la guitare, généralement dans le cadre d’événements spéciaux. Si mes souvenirs sont bons, sans être virtuose, il se tirait bien d’affaire.

Carbonneau était donc amateur de musique, de rock en particulier, l’un de ses groupes favoris étant la formation torontoise Rush. Lors de la tournée Presto (1990), le trio s’était arrêté au défunt Forum de Montréal, endroit où les Canadiens de Montréal avaient pignon sur rue. Les joueurs de l’équipe avaient évidemment accès en tout temps à la bâtisse et Carbonneau s’était prévalu de ce privilège pour rencontrer Geddy Lee.

Leur discussion, qui avait été brièvement relatée dans les journaux, s’était terminée sur une note cocasse. Le hockeyeur avaient fini par dire au bassiste comment il avait souhaité, un jour, devenir musicien professionnel. Geddy Lee lui avait alors rétorqué qu’il aurait, quant à lui, bien aimé évoluer comme joueur de hockey dans la LNH!

Cette anecdote est révélatrice sur une chose : on envie souvent le sort de l’autre, même dans l’excellence. Comme le dit le célèbre proverbe : l’herbe est toujours plus verte dans le pré du voisin!

En jouant de la musique dans un sous-sol depuis l’enfance, se prenant pour une vedette rock, on ne peut s’empêcher de se projeter en rêves dans une carrière dont on a rapidement fait son deuil. La lucidité face à son propre talent est d’une grande utilité!

Malgré cela, toutes les petites occasions de jouer de la musique devant un public, si minuscule soit-il, devient très agréable. C’est vivre son rêve à petite échelle.

Se rendre à un lancement de disque au Pays-Bas et être aux premières loges de cet événement, c’est aussi vivre sa passion avec une proximité inespérée. Il fallait saisir cette chance. Je me répète, mais merci encore une fois à Knight Area de nous permettre ce voyage au cœur du rêve.
- Michel Joncas, 27 mai 2009

mardi 19 mai 2009

Un voyage trop court...

Passeport obtenu. Billets d’avion réservés. Le tout se concrétise.

Départ : jeudi 24 septembre 2009, 18h35. Vol KL0672 de KLM. Vol direct. On n’avait pas d’autre choix : pour un voyage de trois jours, pas de temps à perdre sur des vols avec escale à Londres, New-York ou Francfort. Fait surprenant : ce vol rectiligne de KLM est la seule liaison sans escale Montréal-Amsterdam offerte par les compagnies aériennes. Tout aussi étonnant : ce service existe sur une base quotidienne, aller-retour!

Nous devons partir le jeudi, car le décalage horaire soustrait six heures à notre nuit habituelle. L’atterrissage à l’aéroport Schiphol d’Amsterdam est prévu pour 7h05 le vendredi matin, malgré un vol d’une durée de 6h40. Nous aurons donc tout le loisir de se reposer avant l’événement du samedi (qui sera sans doute une journée passablement longue et chargée).

Ce sera aussi le temps de voir d’un peu plus près Amsterdam (sans oublier que le voyage est plus événementiel que touristique). Et voilà le dilemme : que voir à Amsterdam? En une seule journée…! Bien des choses nous viennent à l’esprit : comment passer à coté du musée Van Gogh, de la Maison de Rembrandt (et/ou son musée) ou de la brasserie Heineken (préoccupation typiquement masculine!)? Personnellement, je m’en voudrais aussi de manquer la Maison d’Anne Frank.

J’ai récemment téléchargé une application iPod Touch réalisée pour le compte de l’Office du tourisme et des conventions des Pays-Bas. On y retrouve évidemment des centaines de choses à visiter, toutes plus incontournables les unes que les autres. Les choix seront difficiles! Que faire? Une chose m’apparaît comme évidente : je n’y suis jamais allé et je sais déjà que je devrai y retourner… avec la famille cette fois.

Samedi matin : en route vers le sud (Alphen aan den Rijn et Boskoop – je l’ai déjà évoqué). À ce qui paraît, les taxis sont assez onéreux aux Pays-Bas. Par contre, le transport ferroviaire y est assez abordable et très développé (comme presque partout en Europe d’ailleurs). Le site internet de la Nederlandse Spoorwegen (la société d’État qui exploite le réseau) est très bien fait. Horaires, tarifs et villes desservies s’y retrouvent. On peut même effectuer des réservations en ligne.

Ça donne le goût. Paradoxalement, l’été, pour la première fois, sera à la fois trop long et… trop court!

- Michel Joncas, 19 mai 2009

jeudi 14 mai 2009

Nouveaux extraits

Trois nouveaux extraits de « Realm Of Shadows » sont disponibles sur le site de Knight Area ici.
Enjoy!

MJ

Comme une tonne de brique!

Les maîtres: Gijs Koopman et Gerben Klazinga


Je l’ai évoqué auparavant, la réalisation (et le mastering – au fait, existe-t-il une version française de ce mot?) des deux premiers albums de Knight Area était impeccable. La complexité de leur musique (plusieurs pistes de claviers, de guitares, en plus des autres instruments) rend probablement la tâche plus difficile.

Gerben et Joop Klazinga ont réalisé le premier album, tandis que les deuxième et troisième disques l’ont été par Gerben et le bassiste Gijs Koopman. Le tout ayant été produit dans le studio de Gerben Klazinga appelé, évidemment, Knight Area Productions.

Ce qui étonne, c’est le haut niveau de qualité sonore des albums de Knight Area, en dépit de moyens moindres, on le devine, de groupes ayant plus de ressources budgétaires.

C’est que la réalisation a une importance capitale sur la qualité de la musique couchée sur disque. Les meilleures chansons possible peuvent devenir difficiles à apprécier si la réalisation laisse à désirer.

Je pense ici à un disque d’Enchant (A Blueprint Of The World - sous étiquette Magna Carta) sorti en 1995. Bien qu’il s’agisse d’excellentes compositions, l’album souffrait (en ce qui concerne la batterie particulièrement) d’une réalisation bancale. Pensons aussi à l’apparition de Bob Rock dans l’univers de Metallica, lors de la réalisation du Black Album. La sonorité du groupe américain avait changé drastiquement.

Il devient donc agréable de constater que, dans un petit studio de Boskoop, en Hollande méridionale, on puisse faire de grands albums sur le plan de la réalisation. Rêvons un peu : si j’ai la chance de faire un album, un jour(!), il sera enregistré dans les studios de Knight Area Productions.

- Michel Joncas, 14 mai 2009

dimanche 10 mai 2009

Se surpasser

Under A New Sign, signed!



À l’été 1999, Dream Theater, un groupe que j’apprécie particulièrement, a lancé son 5e album, Scenes From A Memory. Depuis sa formation,la troupe New-Yorkaise a su s’imposer sur la scène musicale en créant systématiquement un nouveau genre : le métal progressif. Composé de virtuoses, Dream Theater avait pu, jusque là, combler les attentes d’un album à l’autre, réussissant toujours à améliorer exponentiellement la qualité de son matériel.

Scenes From A Memory était fort attendu de la part des adulateurs. Je me souviens de la première écoute, qui m’avait presque littéralement jeté par terre, tant l’innovation tous azimuts sur ce disque était impressionnante. D’abord, on avait eu droit à un premier album-concept, chose toujours bien appréciée dans la sphère progressive. Ensuite, Jordan Rudess (claviériste déconcertant) s’était joint au groupe. Et, finalement, sur le plan musical, c’était simplement époustouflant, très innovateur, mélodique et impressionnant de virtuosité.

Inutile de discourir plus longuement sur ce fait : l’amateur a toujours des attentes élevées pour chaque opus des artistes qu’il apprécie.

La sortie de l’album The Sun Also Rises, en 2004, avait généré des perspectives ambitieuses chez les fans de la première heure. La barre était haute pour Knight Area.

Trois années auront été nécessaires pour concocter Under A New Sign (2007). L’album a été accueilli, à l’époque, par des critiques dithyrambiques dans la communauté progressive. L’album, ahurissant, a dépassé les attentes.

Un résultat impeccable (bravo à Gerben et Gijs qui ont réussi un chef d’œuvre de réalisation, là où bien d’autres échouent), des pièces au style varié et enlevant, des sonorités vintage (les fameuses Moog Taurus entre autres!), les flûtes jouées par Joop, la voix incroyable de Mark Smit, et j’en passe. Des chansons marquantes comme A Different Man, Part II (la finale est particulièrement époustouflante) et Dreamweaver (ma préférée sur le disque!) sont de beaux exemples de cette totale réussite.


Bref, disons le sans ambages, c’est un « masterpiece ». D’aucuns diront même qu’il est meilleur que le précédent. À titre d’exemple, le réputé site Progarchives mentionnait ceci :




(…) Knight Area not only did not disappoint, but probably won over new fans and promises to keep producing consistent neo prog that one day could have them mentioned in the same breath with legends of the subgenre.


Cet album est du moins révélateur sur un point : The Sun Also Rises n’était pas un accident, mais plutôt le premier titre d’une série d’excellents albums qui hissera Knight Area dans la cour des grands.

Les récents spectacles de Knight Area ont offert la chance aux amateurs d’entendre certains extraits du prochain album (Realm Of Shadows – septembre 2009), pièces qui permettent de croire, une fois de plus, que les standards seront atteints.

Dank u voor de geweldige muziek, jongens!


- Michel Joncas, 10 mai 2009

jeudi 7 mai 2009

Le seuil critique

Je me suis permis, ici, de subtiliser une partie d’un article tiré du blog de Sean Malone, connu entre autres pour son travail au sein du groupe Cynic et pour son projet Gordian Knot. Dans son texte, le bassiste de renom soulignait le caractère « underground » de la musique progressive, la comparant à d’autres styles moins accessibles comme le jazz ou la musique classique. Parlant des foules microscopiques que ces genres peuvent attirer en salle, ou de la minime quantité de disques vendus par ceux-ci, il disait ceci :

I count myself among those who celebrate this fact (with the exception of its financial implications) simply because it seems that there is a like-mindedness among devotees of challenging music.
Part of the trouble with this topic is, that when someone (such as myself) uses a word like "challenging", it seems to intimate that those who don't enjoy prog are in some way either less intellectual, less keen, or less 'able' to appreciate it. Of course, this is utter nonsense. There is no quantitative correlation between one's musical tastes and intellect; plenty of 'geniuses' have preferred light and entertaining music. Similarly, there are many instances of people—whose cognitive ability is so diminutive that they require help for their most basic human needs—that not only prefer, but can perform, highly complex and challenging music. So, I'll dispense with this part of the "argument", because I happen to think it's divisive at best, poisonous at worst, and ultimately, a non-question.
As a performer and composer who has, at best, passed only through the fringe of the orbit of the true "stars" of this genre every once in a while, the great comfort I take when issuing a new CD is that the audience who enjoys progressive rock — no matter how you want to define 'prog' — is always up to a 'challenge.' By that I mean, there seems to be a shared sense of wonder and excitement (the "like-mindedness" I mentioned earlier) for each new musical encounter, rather than the kind of cynical (no pun...) and baseless expectation that highly commercial music imposes upon its audience. And, even in saying that, I don't criticize popular music -- I can't begin to understand the kind of work and pressure involved in trying to forge a "star" in an over-saturated market. (Notice how the word "forge" could be taken in two very different senses). And there is a great deal of music that I deeply enjoy, which will never be accused of being "complicated."



Le propos est éloquent. Je retiens personnellement deux choses.

D’abord, l’aspect plus pragmatique de la situation, c’est-à-dire les considérations financières. Je demeure toujours estomaqué de voir défiler à Montréal des groupes comme The Flower Kings, Arena, Porcupine Tree ou IQ qui se produisent habituellement dans de très petites salles, avec 200 ou 300 billets vendus – et je ne parle pas ici de festivals comme le FMPM. Montréal possède tout de même un bassin de population avoisinant les trois millions d’habitants et est reconnu comme ayant été un milieu fertile pour l’émergence des groupes progressifs au cours des années ’70. Mais ça, c’est une autre histoire.

Donc, inutile de se mettre la tête dans le sable. À moins que mes notions mathématiques soient totalement nulles, ces groupes provenant souvent d’Europe se déplacent à perte et ne parviennent vraisemblablement qu’à couvrir leurs frais de voyage. Et même là, j’en doute. Ce qui les motive? Probablement - un peu - la nécessité de promotion. Et, certainement - beaucoup - le simple plaisir de jouer leur matériel sur scène devant un auditoire réceptif ainsi que rencontrer les amateurs partageant la même passion. L’aspect négatif de cette situation : les apparitions trop rares en Amérique de groupes européens.

Ensuite, ce qui me fascine, c’est l’attachement viscéral des amateurs de « prog » au genre en question. Dans la culture de la pop, en général, les modes passent, les artistes au succès unique deviennent souvent des « has been » le temps d’une saison.

Dans le progressif (comme en jazz, ou en musique classique), on parle de pérennité pour les œuvres marquantes et artistes de renom. Sans être hautain, on peut affirmer que Yes, Miles Davis ou Rossini sont passés à l’histoire musicale, tandis que bon nombre d’artistes du Top 40 seront oubliés après quelques mois. Les « One-hit wonder » sont monnaie courante.

Ainsi, un album comme The Lamb Lies Down On Broadway (Genesis), peut être écouté et réécouté, vieillissant bien, à la manière d’un bon vin, ne prenant pas une ride avec le temps. Il en est de même pour des œuvres classiques créées au 19e siècle par exemple.

Le rock progressif : difficile d’accès, réservé à une élite ayant du goût? Non. On aime ou on n’aime pas. Point. Nonobstant la petitesse du marché, ce qui réduit inévitablement les moyens des artistes œuvrant dans le genre, cela entraîne une belle complicité avec ceux-ci et entre les fans eux-mêmes. Il existe, fort heureusement, à Montréal - comme partout dans le monde je présume -, une base solide d’amateurs fidèles, d’irréductibles, sans lesquels tout cela serait impossible.

Sans lesquels ce voyage aux Pays-Bas n’aurait jamais eu lieu!

- Michel Joncas, 7 mai 2009

dimanche 3 mai 2009

Le soleil se lève aussi


Michel Joncas - Mark Smit - Pascal Lapierre


Février 2004.

À la recherche constante de nouveautés savoureuses sur la scène du rock progressif, je visitais régulièrement le site d’une maison de disque américaine qui en fait sa spécialité : Laser’s Edge. Ils étaient d’ailleurs déjà éditeurs du réputé projet Gordian Knot de Sean Malone, ainsi que de la formation norvégienne White Willow.

Février 2004 donc. Une nouveauté venait d’apparaître à leur catalogue : « The Sun Also Rises », œuvre d’un groupe émergent néerlandais appelé Knight Area. La présentation de l’album captait l’attention du lecteur. Elle se lisait comme suit :

« Do you remember where you were the first time you heard "The Snow Goose"? "Subterranea"? "Selling England By The Pound"? »


Je dois avouer que cette affirmation m’avait un peu titillé. Les trois albums auxquels on faisait référence étaient des pièces maîtresses dans toute discographie progressive digne de ce nom. Camel, IQ et Genesis demeurent tout de même des références. Il s’agissait bien évidemment de publicité. Était-ce pompeux ou bien réel ? Il fallait écouter.

Si ma mémoire est bonne, il y avait un extrait de l’album disponible sur le site. Toujours si ma mémoire ne fait pas défaut, il s’agissait de « Conspiracy » (je dois le confesser, c’est mon titre préféré sur l’album !). À l’écoute de ce morceau, j’ai été fasciné. La réalisation était impeccable, voire impressionnante. Et sur le plan musical, j’ai accroché immédiatement. Le genre d’œuvre que j’aurais aimé écrire, si j’avais eu le moindre talent en musique ! Je n’ai pas hésité longtemps avant d’en faire l’achat.

Depuis sa sortie, l’album joue régulièrement dans mon iPod. Très régulièrement. Merci à Knight Area d’avoir créé une large part de la trame sonore de ma vie depuis 2004. Œuvre marquante, il va sans dire. Oui, je me souviens très bien où j’étais, la première fois que j’ai entendu « The Sun Also Rises ».

- Michel Joncas, 3 mai 2009

vendredi 1 mai 2009

Petite histoire d'une grande rencontre



Ce que vous pouvez visionner dans la première entrée de ce blogue est une pièce jouée devant des élèves de 5e secondaire à l’école secondaire de la Cité-des-Jeunes, à Vaudreuil-Dorion, Québec. L’occasion : dernière journée de classe de l’année scolaire 2007-2008, remise de différents prix aux élèves. Les deux enseignants que nous sommes, Pascal Lapierre (clavier) et Michel Joncas (basse), avons pris l’habitude de se servir de prétextes comme ceux-là afin de jouer un peu de musique. Passion commune, occasions trop rares.

Comme le programme de l’après-midi était passablement chargé, nous ne pouvions jouer qu’une seule pièce. Notre choix s’est rapidement arrêté sur ce morceau de Knight Area, « The Sun Also Rises », tiré de l’album du même nom. Instrumentale très agréable à écouter et à jouer, titre épique de rock progressif.

Knight Area, formation néerlandaise (plus précisément de Boskoop, en Hollande-Méridionale) dont le premier album est paru en 2004, fut l’une des belles surprises dans le genre au cours des dernières années. On en reparlera.

Deux complices nous ont permis de monter le tout : Marc-André Thibault, enseignant de musique (clavier) et un élève d’alors, Christopher Carignan, à la batterie, mû par une passion pour la chose musicale qui pourrait le mener bien loin.

Pour conserver un souvenir de cette prestation unique, il fallait bien la filmer. Ce qui fut fait. Et, technologie oblige, nous avons décidé de publier le tout sur Youtube, histoire de partager ce moment avec tous ceux qui en avaient envie.

Mon admiration personnelle pour la musique de ce groupe m’a poussé à prendre au sérieux mon rôle de groupie et à envoyer le lien aux gars de Knight Area. Leur réaction en fut une de surprise et ils se sont dit, selon leurs termes, « très honorés » de cette reprise de leur pièce.

Joop Klazinga, membre fondateur du groupe (il a aujourd’hui officiellement quitté la formation, mais demeure évidemment dans son entourage) et frère du claviériste Gerben Klazinga, est celui qui m’avait transmis les réactions au nom de groupe : échange de courriels agréable, proximité touchante avec les artistes, chose rare dans le domaine.

Knight Area, depuis sa formation, offre trop peu de spectacles. La nature même du rock dit progressif confère un statut plutôt underground à ces groupes, bien qu’Internet ait permis une certaine résurgence du genre, en Europe en particulier. Les prestations sont rares et se concentrent surtout lors de festivals de musique progressive, en Amérique comme sur le continent européen.

On présente, depuis quelques années, un festival du genre à Montréal, le FMPM (Festival des musiques progressives de Montréal). Lors de l’édition 2008 du festival, en septembre dernier, Knight Area a été appelé à remplacer au pied levé un groupe qui figurait au programme et qui a dû se désister. Heureux hasard des choses : c’était là une chance unique de voir Knight Area « Live » à Montréal. Nous ne pouvions manquer ce rendez-vous.

C’est donc à la mi-septembre que nous nous sommes rendus à la salle Pierre-Mercure pour assister à ce concert qui allait devenir mémorable. Première surprise : la qualité sonore incroyable du spectacle, alliant finesse et subtilité, à l’antipode de ce qu’on observe trop souvent lors d’une prestation rock. Knight Area, ne faisant pas les choses à moitié, était accompagné de son propre ingénieur du son, Jankees Braam, un magicien de la sonorisation.

Knight Area devait entamer, mi-spectacle, la pièce « The Sun Also Rises ». Deuxième surprise : à la fin de celle-ci, le chanteur et claviériste (keytar!) Mark Smit a fait allusion à notre prestation vue et entendue sur Youtube! Stupéfaction et tachycardie au menu!

Évidemment, nous sommes allés saluer les musiciens à la fin du spectacle : chaleureux « Meet & Greet », signature d’autographes, promesse mutuelle de rester en contact, etc. Bref, une très agréable rencontre.

Stephen Takacsy, président du FMPM, présentant Knight Area sur scène juste avant le spectacle, avait terminé son propos sur ces mots : « They are also wonderful people! ». Il avait bien raison.

Chemin faisant, Knight Area devait annoncer au printemps la parution de leur troisième album (Realm Of Shadows) en septembre 2009, dont le lancement aura lieu dans une salle appelée le Het Kasteel, située à Alphen aan den Rijn (à environ 30 kilomètres au sud-ouest d’Amsterdam). Événement auquel nous avons été invités par Gerben Klazinga, traitement de faveur exceptionnel pour des fans.

La réflexion fut brève : il nous était impossible de refuser une telle offre.

Départ : 24 septembre 2009. Destination : Pays-Bas.

Vrienden, hier komen we!

- Michel Joncas, avril 2009