vendredi 7 août 2009

Passion musicale

Mon terrain de jeu!


Toutes les passions peuvent rimer avec les excès. Et celle de la musique n’échappe pas à cette règle. Qu’il ait de grandes ambitions ou plus simplement pour briser le silence dans son sous-sol, le musicien amateur veut toujours de meilleurs instruments, plus d’équipement pour « exprimer son art ». Tous ceux qui connaissent le domaine savent qu’il n’y a aucune limite, sauf l’aspect budgétaire.

En ce qui me concerne, le tout a débuté vers l’âge de six ans, alors que mon père laissait toujours à notre disposition (dans la salle de séjour en fait) une jolie petite guitare classique avec cordes de nylon. Plus tard, voyant que je faisais bien du bruit incohérent avec cet instrument qui me fascinait, il a décidé de m’inscrire à des cours privés de guitare. Si ma mémoire est bonne, j’ai eu droit à cinq ou six leçons, tout juste le temps d’apprendre les accords de base. Pour le reste, le solfège et la lecture musicale m’horripilaient, si bien que j’ai abandonné le tout, préférant jouer « à l’oreille ». Grave erreur, que je regrette encore d’ailleurs!

À l’âge de douze ans, je suis tombé tout à fait par hasard sur l’album Exit… Stage Left, de Rush. À la première écoute, ce fut la stupéfaction. Ce disque avait, en un instant, cristallisé mes réels goûts musicaux. Je m’étais rendu compte, également, que la musique n’était pas nécessairement un « tout », mais bien un amalgame de divers instruments. Ce fut aussi la découverte de la basse, proéminente sur Exit… Stage Left, avec ce son typique à la Geddy Lee qui, à l’époque, utilisait une Rickenbacker.

Rapidement, j’ai compris que les quatre cordes d’une basse correspondaient aux quatre premières cordes d’une guitare. Il n’en fallait pas plus pour entamer l’apprentissage de la ligne de basse de Tom Sawyer sur une guitare classique, amputée de ses deux dernières cordes (au grand désarroi de mon père !)

J’ai acheté ma première basse au collège. Une Cort, de style Fender Precision. Un instrument médiocre dont la sonorité était loin de ce que je recherchais, même branchée dans mon premier ampli : un Peavey 50 watts. Dans une recherche constante du « son voulu », j’ai fait l’acquisition, au début des années ’90, d’une Status Graphite Energy. Choix largement influencé par l’utilisation de cette marque par Peter Trewavas, de Marillion. On peut d’ailleurs voir cet instrument dans la vidéo au tout début de ce blogue.

Les années ont passé, les instruments et l’équipement aussi. Dernière basse achetée, je ne pouvais passer à côté : une Fender Jazz Geddy Lee (artists Series). Celle-ci, combinée à la magnifique petite boîte magique créée par Tech21, le SansAmp Bass Driver DI, me permet d’avoir ce son tant recherché, un peu « crunchy », relié au monde progressif en général. Ce son typique de Chris Squire, Geddy Lee et même Gijs Koopman (fidèle utilisateur de la Rickenbacker également).

D’autres folies à mon actif : l’achat à prix d’or de pédales Moog Taurus 1 il y a quelques années, instrument privilégié par nombre de bassistes progressifs. Finalement, l’acquisition récente d’un synthétiseur Yamaha (MO6) doté d’un séquenceur 16 pistes permettant de jouer au compositeur ! (Le résultat est mauvais, mais j’aime ça quand même !)

Le tout relié à une microscopique console de mixage (avec écouteurs !), afin de ne réveiller aucun membre de la petite famille à 22h et permettant le « play along » avec mon iPod !

Oui, la musique est une passion onéreuse. Surtout quand elle ne rapporte rien, financièrement parlant. Mais l’apport est tout autre en ce qui me concerne. La musique est un exutoire. Cette preuve n’est plus à faire.

Celle-ci possède également d'autres vertus. Un professeur de littérature à l’université m’avais déjà dit qu’un bon roman était celui qui nous rendait un peu plus « intelligent » à la fin de la lecture. Je crois que cela s’applique également à la bonne musique, tous genres confondus.

Oui, la passion musicale peut mener notre esprit bien loin. Même en Europe!

- Michel Joncas, 7 août 2009

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